Lettre ouverte à Monsieur Dramane Dembélé, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat.

Les vieilles et mauvaises habitudes, en plus d’avoir la peau dure, ont de plus en plus raison des convictions et engagements de nos gouvernants. Jusqu’à quand ? Encore une fois, comme une course au ministre le plus corrompu, incompétent et injuste -frôlant souvent l’immoralité devant certains faits et actes-, le Citoyen Malien à qui l’État doit assistance et protection se rend malheureusement compte que ses peines et souffrances ont encore de beaux jours devant lui. Et que les larmes des pauvres vont devoir couler davantage à défaut d’avoir à côté d’eux, des femmes et des hommes honnêtes, engagés, sensibles à leur sort et prêts à se mobiliser pour leur cause.

Parmi les besoins élémentaires et fondamentaux d’un individu, figure le logement, un toît, un chez-soi. Et dans cette quête d’égalité, de justice et de solidarité, des politiques publiques comme celle des logements sociaux ont été mises place au Mali pour faciliter et favoriser l’accès au logement d’un bon nombre de citoyens. Ceux dont le revenu ne leur permet pas d’acheter un terrain et d’y construire un logement, mais qui, toutefois leur permet de s’acquitter des loyers mensuels de ces logements sociaux.
Au Mali, « l’État a initié depuis les premières années de l’indépendance, des programmes de logements sociaux. La politique de logements sociaux, contrairement à ce que certains pensent, n’a pas commencé ces dernières années. » Et chaque régime par la suite en a fait plus ou moins une priorité.
Cependant, c’est au moment des attributions des clefs de ces logements que le rêve de certains se transforme en cauchemar. L’injustice se mêlant à l’illégalité, le tout au détriment du pauvre citoyen qui, après des mois de préparation et de constitution de dossier pour espérer avoir un chez-soi, va se rendre compte qu’au Mali, c’est toujours la loi du plus fort qui prime sur tout.
Ainsi, les mêmes pratiques révoltantes et déshonorantes dans l’attribution de ces logements sociaux refont surface comme dans l’attribution récente des logements sociaux de N’Tabacoro (1552 logements).
Des Maliens -dont les témoignages se trouvent sur la page Facebook de Meritocratie Malienne- se sont malheureusement rendus compte qu’après des mois de recherche, de dépôt de documents et de justificatifs, de prière et d’attente, que leurs noms ne figuraient pas sur la liste d’attribution tandis que d’autres -les privilégiés et les bien-nés- en recevaient deux logements de types différents au lieu d’un.

Par ailleurs, au regard de ces irrégularités et particulièrement de la mise en place d’une commission bis et officieuse, la Meritocratie Malienne invite Monsieur le ministre Dramane Dembélé, à simplement annuler ces attributions injustes et illégales, à mettre en place une commission d’attribution digne de ce nom et composée de personnes honnêtes et justes, afin d’attribuer ces logements à qui de droit. Ceux qui n’ont pas de logements et non à des mafieux qui entendent exploiter et continuer à exploiter la misère des pauvres et augmenter par la suite le nombre de sans-abris dans nos villes et campagnes.
La Meritocratie Malienne qui n’a rien contre la personne du ministre, souhaite lui rappeler son engagement N° 28 (Foncier, Habitat et Villes) de son programme présidentiel de 2013, « Créer une Agence Nationale chargée du foncier. Elle sera chargée de recenser les besoins et de piloter les projets de construction de logements sociaux accessibles pour les Maliens. »

Si par bonheur ou malheur, vous, Mr le ministre, ne pourrez pas réaliser ce programme en tant que Président du Mali, y-a-t-il honneur ou dignité à faire le contraire de ce vous prônez en tant que ministre d’un gouvernement qui entend changer certaines vieilles pratiques déshonorantes pour le Mali et pour les Maliens ?
Dans une de vos interviews, vous tenez à rassurer « l’opinion nationale que tout sera fait [l’attribution des logements de N’Tabacoro] dans la transparence sans état d’âme. » Malheureusement et aux dernières nouvelles, la transparence comme toujours était absente, et l’état d’âme a encore primé sur la justice, l’égalité et la solidarité. Dommage !
Toutefois, la Meritocratie Malienne -dans sa quête de moraliser et renouveler notre environnement social et politique- entend faire de cette affaire malheureuse et malvenue un exemple afin de montrer que les mauvaises pratiques ne doivent plus continuer et avoir raison de la justice, de l’égalité et de la moralité.

Par conséquent, monsieur le ministre est invité à revoir les attributions et à attribuer les logements à ceux pour qui cette politique de logements sociaux a été mise en place ou à simplement démissionner.
Meritocratie Malienne