imageLes Peuls ou Pulaar/Fulani/Foulbé sont un peuple d’Afrique de l’ouest, qu’on retrouve du Tchad au Sénégal. Leur origine égyptienne a été largement étudiée, ils descendent même probablement d’anciennes dynasties pharaoniques. Vous retrouverez tous les éléments de démonstrations dans « L’Unité Culturelle de l’Afrique Noire » de Cheikh Anta Diop, page 116 à 118. Leur métissage qui a fait temps couler d’encre résulte probablement de la rencontre entre Egyptiens authentiques et Asiatiques venus s’installer dans le delta du Nil à partir des conquêtes du moyen empire. Les Peuls sont malgré cela restés linguistiquement et culturellement d’authentiques Kamites (Noirs). La cosmogonie peule, comme toutes les cosmogonies négro-africaines présente de nombreuses similitudes avec celles du bassin culturel originel, à savoir la cosmogonie d’Iounou (Héliopolis) en Egypte. A partir des textes d’Amadou Hampaté Ba dans « Contes initiatiques Peuls », nous avons fait un comparatif entre les deux ainsi qu’avec d’autres cosmogonies d’Afrique noire.

Pour les Peuls, avant la création du monde, avant le commencement de toute chose, il n’y avait rien, sinon un être. Cet être était un vide sans nom et sans limite, mais c’était un vide vivant, couvant potentiellement en lui la somme de toutes les existences possibles. Le temps infini, intemporel, était la demeure de cet Etre-Un. Pour les Egyptiens, de tout temps il y avait les eaux primordiales appelées Noun, détentrices de potentiel de vie à l’état chaotique. Le Noun est appelé Uthlanga par les Zulu d’Afrique du Sud, et est le nom d’un fleuve chez les Bamoun du Cameroun.

imageD’après les Peuls, cet Etre-Un se dota de deux yeux. Il les ferma: la nuit fut engendrée. Il les rouvrit: il en naquit le jour. La nuit s’incarna dansimage Lewrou, la Lune. Le jour s’incarna dans Nâ’ngué, le Soleil. Le Soleil épousa la Lune. Ils procréèrent Doumounna, le temps temporel divin. Doumounna demanda au temps infini par quel nom il devait l’invoquer. Celui-ci répondit: « Appelle-moi Guéno, l’Eternel. » Guéno voulut être connu. Il voulut avoir un interlocuteur. Alors il créa un oeuf merveilleux, comportant neuf divisions, et y introduisit les 9 états fondamentaux de l’existence. Quand cet oeuf cosmique vint à éclore, il donna naissance à vingt êtres fabuleux qui constituaient la totalité de l’univers visible et invisible, la totalité des forces existantes et de toutes les connaissances possibles.

Dans la cosmogonie d’Iounou, Dieu dit « Ink pa kheper.f debnen imsouhet.f » qui veut dire « j’étais devenir sous sa forme de tourbillon en forme d’œuf » [1]. La spirale ou forme d’œuf (debnen) est donc aussi présente à Iounou. Elle constitue le décors caractéristique des maisons Ashanti au Ghana. Imana/Amon (Dieu) a créé 8 dieux primordiaux à sa suite. Avec eux, il forme Pesedjet, c’est-à-dire l’énnéade, les 9 dieux primordiaux égyptiens à rapporter aux 9 états fondamentaux chez les Peuls. Pour les Fangs d’Afrique centrale, Eyo (Dieu) créa également un œuf appelé Aki Ngoss, qui renfermait tous les éléments de la création.

imagePour les Peuls, aucune de ces vingt premières créatures fabuleuses ne se révéla apte à devenir l’interlocuteur que Guéno avait désiré pour Lui-même. Alors, il préleva une parcelle sur chacune des vingt créatures existantes. Il les mélangea, puis, soufflant dans ce mélange une étincelle de son propre souffle igné, il créa un nouvel Etre: Neddo, l’Homme.

Neddo, l’Homme primordial, reçut en héritage une parcelle de la puissance créatrice divine, le don de l’Esprit et la Parole. Guéno enseigna à Neddo, son interlocuteur, les lois d’après lesquelles tous les éléments du cosmos furent formés et continuent d’exister. Il l’instaura Gardien et Gérant de son univers et le chargea de veiller au maintien de l’harmonie universelle. Neddo est à la fois l’homme et la femme car il contient en lui le masculin (le ciel) et le féminin (la terre).

Dans la cosmogonie d’Iounou Dieu, Wasiré/Ousiré (Osiris) représente le bien de Dieu, il est l’ancêtre divin des hommes, descendant des 5 dieux qui l’ont précédé. Il est le fils de Geb (la terre) qui est masculin et d’Anouté (le ciel) qui est féminin. Il est avec sa femme Aïssata (Isis) chargé de conduire l’humanité vers la justice, l’ordre et l’harmonie de Dieu. Wasiré est Oun Nefer, c’est-à-dire l’être éternellement bon. Neddo semble donc être Osiris lui-même. Pour les Oromo d’Ethiopie tout comme pour les Peuls, Le ciel et la terre forment un couple, le ciel étant mâle et la terre femelle.


Sources : africanhistory-histoireafricaine.com